Fabriquer un piège anti-moustique qui marche VRAIMENT pour 20€ ! (clone du Biogent Mosquitaire)

Depuis plusieurs années, l’invasion du moustique tigre ne cesse de se répandre en France. Par endroit, l’invasion est telle qu’il est carrément impossible de profiter de son jardin.

L’année dernière, mes parents ont voulu s’équiper d’un anti-moustique efficace. Il en existe à tous les prix et notre choix s’est porté sur le modèle Mosquitaire de Biogent. Nous ne savions pas vraiment à quoi nous attendre et quelle allait être sa véritable efficacité (il est toujours difficile de connaître l’objectivité des avis postés sur Internet). D’autant que le produit coûte quand même 165€ !

Après déballage, ce prix paraît peu justifié à l’égard de sa grande simplicité. J’ai donc eu l’idée d’en fabriquer une contrefaçon un clone afin de mieux couvrir le jardin grâce à un second exemplaire. Cerise sur le gâteau, puisque nous possédons également l’original, il sera très simple de comparer l’efficacité des deux !

Spoiler : la copie fonctionne aussi bien que l’original 😉

Je vais dans un premier temps décrire le fonctionnement du produit original. Dans un second temps, j’expliquerai pas-à-pas comment fabriquer une copie.

Fonctionnement du système officiel

Comme une vidéo de publicité vaut mieux qu’un long discours, la voici. Le fonctionnement concret du piège est décrit en particulier à partir du minutage 1:28, mais visionner la vidéo dans son ensemble permet de mieux comprendre le contexte :

Globalement, cela ressemble donc à ceci :

Le ventilateur créé un flux d’air qui entre par le tube central et ressort par les côtés. Les moustiques sont attirés par l’appât odorant, sont happés par le flux d’air entrant dans la machine et restent coincés contre la moustiquaire (en forme de filet) dessinée en pointillés. Comme ils sont soumis en permanence à l’écoulement de l’air, ils meurent très vite desséchés.

A noter que le tube central est surmonté d’un clapet qui s’ouvre sous l’action du ventilateur et qui se ferme lorsqu’il s’arrête. Par conséquent, en cas de coupure de courant, les moustiques piégés ne peuvent pas repartir en sens inverse.

D’après la publicité et l’emballage, les côtés sombres et la face supérieure blanche (fort contraste) contribuent également à les attirer.

Ce système est assez simple et astucieux. Toutefois, je suis sûr que je peux le dupliquer pour nettement moins que 165€ !

Matériel nécessaire à la fabrication du clone

Globalement, on peut s’en sortir avec le matériel suivant :

  • Un seau ou similaire avec son couvercle
  • Un ventilateur de PC et une alimentation 12V
  • Une scie cloche ou un cutter, suivant la dureté du couvercle
  • Un rouleau de moustiquaire
  • Un appât odorant

Selon moi, la principale valeur ajoutée de ce produit est la qualité de l’appât. C’est donc ce dernier élément que j’ai dû acheter, tout le reste étant facilement trouvable en récupération. Il coûte une petite vingtaine d’euros à l’unité et se nomme “BG Sweetscent“. Sa durée de vie est toutefois de seulement deux mois d’après le constructeur, ce qui impose d’acheter deux exemplaires par saison.

La partie difficile à réaliser est le clapet anti-retour qui empêche les moustiques de s’échapper en cas d’arrêt du ventilateur. Je vais donc m’en passer, il faudra simplement ne jamais débrancher la prise.

Pour plus de simplicité, je vais également déplacer le ventilateur, pour le mettre directement sous le couvercle. Cela ressemblera donc à cela :

Réalisation en elle-même

La réalisation est simple et rapide. Pour commencer, je suis parti d’un seau de chlore de piscine, qui a l’avantage de posséder un couvercle :

Il faut ensuite faire un gros trou dans le couvercle pour le ventilateur (aspiration) et d’autres plus petits autour pour le refoulement. Le cutter va très bien pour cela :

Théoriquement, les trous de refoulement n’ont pas besoin d’être recouverts de moustiquaires car les moustiques devraient rester piégés dans le filet. Toutefois, comme cela ne me coûte pas grand-chose d’en rajouter, cela apporte une seconde barrière au cas où quelques-uns parviendraient tout de même à s’échapper. Par contre, le trou du ventilateur ne doit lui, surtout pas, être recouvert !

J’ai utilisé un ventilateur de PC de 92mm qui souffle à peu près autant que l’original (ce n’est ni plus ni moins qu’un ventilateur de PC moyen alimenté en 12V). Le bruit n’est pas négligeable, mais ce n’est pas une turbine non plus.

Pour cette étape, le pistocolle est mon meilleur ami :

J’aurais pu fabriquer un filet de toutes pièces à partir du rouleau de moustiquaire, mais j’ai préféré utiliser un pré-filtre de skimmer de piscine (aussi appelé “chaussette”). Il suffit de l’emmancher sous le ventilateur grâce à son élastique :

Percer le fond du seau avec un foret de petit diamètre (1mm) est une bonne idée pour permettre à l’eau de pluie de s’évacuer. Pour fixer l’appât sur une paroi et éviter qu’il ne trempe dans l’eau, j’ai collé une pince à linge contre la paroi intérieure, toujours avec le pistocolle :

Sur le système commercial, l’orifice principal est surmonté d’une “cheminée”. Je l’ai donc reproduite car elle sert probablement à quelque chose ! Dans mon cas, j’ai utilisé un pot de miel dont le fond a été retiré.

Pour terminer, un coup de bombe de peinture noire sur le seau et la cheminée, mais pas le couvercle, permet d’apporter le contraste dont parle la publicité. Voici le résultat :

Ceci est le deuxième exemplaire que je fabrique. Il est un peu plus petit que l’original et ma première copie, car il sera installé sur le balcon de mon appartement et non dans un jardin.

Résultats : ça marche !

A l’heure où j’écris ces lignes (juin 2021), je viens de terminer la réalisation du second exemplaire. Le premier a fonctionné tout l’été dernier, en parallèle de l’original. Je ne donc peux pas me prononcer sur les performances de cette deuxième version, mais j’ai toute une saison de recul sur la première ainsi que sur l’exemplaire “témoin”, à savoir le produit original !

Pour information, voici à quoi il ressemble avant peinture. Il est construit sur le même modèle que celui décrit plus haut. Le récipient utilisé est un gros seau de boules de graisses+graines pour oiseaux :

Une fois peint :

Déjà, les deux pièges ont attrapé une quantité similaire de moustiques, assez significative. Dans une zone infestée, (c’est-à-dire quand on en voit voler par dizaines à proximité) je dirais quelques individus par heure. Je ferai des photos au cours de l’été pour montrer le remplissage des filets. Malheureusement, ils restent tellement nombreux que cela ne permet bien évidemment pas de s’en débarrasser complètement. Néanmoins, cela ne peut pas faire de mal et s’il est difficile de donner des résultats objectifs, j’ai quand même l’impression que le nombre de piqûres a été réduit.

A noter que ce piège est très sélectif et malgré quelques victimes collatérales (mouches, moucherons), l’immense majorité des insectes capturés sont bien des moustiques. Cela ne devrait donc pas poser de problème à la biodiversité contrairement aux lampes UV avec grillage électrique qui sont une catastrophe. Ces appareils grillent sans distinction tous les insectes nocturnes qui sont attirés par la lumière… ce qui n’est pas le cas, malgré la croyance populaire, des moustiques ! Regardez attentivement : vous n’en verrez pas plus que d’ordinaire tourner autour d’une lampe allumée.

2 commentaires

  1. Bonjour,
    D’abord mes félicitations pour votre œuvre! Je suis en train de suivre vos conseils pour fabriquer un piège moi-même. J’utilise comme vous le seau de boules de graisse. Par contre j’ai aussi ajouté une petite unité qui produit le CO2 à partir d’une réaction chimique utilisant l’acide citrique et le bicarbonate de soude avec un dispositif qu’on utilise pour les aquariums (autonomie environ 3 semaines).
    Au lieu de peindre le seau, j’utilise un sac de poubelle de 30l. Pour le système de ventilation, j’essaierai comme vous un ventilateur de PC (5V), que j’alimenterai par un bloc de 4 piles AA rechargeables. Une autre solution que j’essaierai c’est l’utilisation d’un piège à moustiques qu’on trouve dans le commerce (8€) et qui fonctionne avec un LED UV (que j’enlèverai) et un ventilateur assez puissant. Je placerai cet appareil dans le seau. Pour l’alimentation de cet appareil par câble USB j’utiliserai une batterie rechargeable à 10000mAh (17€).
    Merci de votre commentaire et une bonne journée!

    1. Merci pour votre retour 🙂
      La fabrication de CO2 à partir d’acide citrique et de bicarbonate de soude est sûrement une bonne idée, d’autant plus que cette année, j’ai été très déçu par le taux de capture (peu de moustiques, beaucoup de mouches, moucherons et papillons de nuit).
      J’essayerai probablement l’été prochain !

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